II.1 Calcul de la largeur de la zone de charge d'espace

Nous allons établir les équations permettant de calculer la largeur de la zone de charge d'espace et la différence de potentiel à ses bornes.

Équations du modèle défini à partir des hypothèses de Schokley

Pour définir les caractéristiques de la charge d'espace, nous allons utiliser des hypothèses connues sous le nom d'hypothèses de Schokley, qui s'énoncent sous la forme suivante :

  • La charge d'espace est limitée par des plans parallèles au plan de la jonction métallurgique.

  • La charge d'espace est dépourvue de porteurs libres

  • Le champ est nul en dehors de la charge d'espace (donc le potentiel est constant).

Nous allons, pour établir les équations permettant de déterminer la hauteur et la largeur de la charge d'espace, utiliser le modèle défini à partir des hypothèses de Schokley. Nous considèrerons en outre que le matériau est homogène dans le plan YZ YZ et de ce fait, nous utiliserons un modèle unidimensionnel. La charge électrique qui existe dans la charge d'espace correspond donc à la représentation ci-dessous.

Entre la limite de charge d'espace côté N ( x = δ N x=-%delta_N ) et la position de la jonction métallurgique ( x = 0 x=0 ), on a une charge négative de valeur constante en fonction de la distance eu égard au dopage uniforme du matériau. Cette charge vaut : ρ = + q N D . %rho=+ q N_D.

De la même manière, coté P, entre la position de la jonction métallurgique et la limite de charge d'espace ( x = δ P x=%delta_P ), la charge est constante et négative. Elle vaut : ρ = qN A . %rho=-qN_A.

Lorsque, dans un matériau, il existe une charge, on peut lui associer un potentiel grâce à l'équation de Poisson. Cette dernière s'écrit :

Δ V + ρ ϵ = 0 %DELTA V + left none %rho over %epsilon right none =0

Dans le cas d'un modèle unidimensionnel, le Laplacien se ramène à une simple dérivée seconde et la relation s'écrira donc :

d 2 V dx 2 + ρ ϵ = 0 {d^2 V }over { dx^2} + { %rho over %epsilon } =0

Méthode

On va donc résoudre cette équation successivement dans chacune des zones, puis on écrira les conditions de continuité du champ électrique et du potentiel à la traversée d'une surface. Ce calcul nous permettra non seulement d'établir la relation donnant la largeur de la charge d'espace, mais aussi mettra en évidence le fait que la charge d'espace est globalement neutre.

Pour x x compris entre δ N -%delta_N et 0, la charge s'écrit : ρ = + q N D %rho= + q N_D .

L'équation de poisson devient dans cette zone : d 2 V dx 2 = q N d ϵ { d^2 V } over { dx^2 }= - {{ q N_d } over %epsilon }

L'intégrale première donne, au signe près, le champ électrique :  d V d x = q N D ϵ x + C te = E { d V } over { d x }= - { {q N_D over %epsilon }} x + C^{ te}= -E soit E = q N D ϵ x + C te . E= {q N_D over %epsilon } x + C^{ te}.

La constante se détermine en écrivant que le champ électrique est nul à la limite de la charge d'espace, c'est-à dire pour x = δ N x=-%delta_N . Cela donne : C te = q N D ϵ δ N C^{ te} = { {q N_D} over %epsilon } %delta_N

Le champ électrique s'écrit donc : E = + q N D ϵ ( x + δ N ) E= + {{q N_D} over %epsilon (x + %delta_N)} soit dV dx = q N D ϵ ( x + δ N ) { dV } over { dx} =- {{q N_D} over %epsilon }(x + %delta_N) .

En intégrant une deuxième fois, on obtient : V = q N D ϵ ( x 2 2 + x δ N ) + C te . V= - `{{q N_D} over %epsilon } left ( x^2 over 2 + x %delta_N right) + C^{te}.

La détermination de la constante d'intégration se fera aussi en utilisant les conditions aux limites: Le champ étant nul à l'extérieur de la zce, le potentiel qui en est l'intégrale première est constant. On le posera égal à Φ N %iPHI_N dans la région N. Il s'en suit : C te = q N D ϵ δ N 2 2 + Φ N . C^{te}= - {{q N_D} over %epsilon} %delta_N^2 over 2 + %iPHI_N.

En reportant dans l'expression du potentiel, on obtient : V = q N D 2 ϵ ( x + δ N ) 2 + Φ N . V= - {{q N_D} over {2 %epsilon}} (x +%delta_N)^2 + %iPHI_N.

Le même calcul fait entre 0 et  δ P %delta_P donnera des équations similaires. Il suffit de changer δ N -%delta_N par  + δ P +%delta_P et  + q N D + q N_D par q N A - q N_A . On obtient, en posant que la tension dans la région P est égale à Φ P %iPHI_P :

E = q N A ϵ ( x δ P ) et V = q N A 2 ϵ ( x δ P ) 2 + Φ P . E = - { {q N_A over %epsilon}}( x-%delta_P ) ~"et"~ V = - { {q N_A over {2 %epsilon}}}( x-%delta_P )^2 + %iPHI_P.

Si l'on représente sur un graphique la densité de charges, le champ électrique et le potentiel, on obtient finalement:

Remarque

La continuité du champ et du potentiel en 0 donne : E ( 0 ) = q N A ϵ δ P = q N D ϵ δ N , E_{(0)} = {q N_A }over %epsilon %delta_P = {q N_D } over %epsilon %delta_N , soit :

Fondamental

N A δ P = N D δ N . N_A %delta_P=N_D %delta_N.

Remarque

Cette relation traduit la neutralité de la zce.

Dimension de la zone de charge d'espace

L'écriture de la continuité du potentiel en 0 donne : V ( 0 ) q N A 2 ϵ ( δ P ) 2 + Φ P = q N A 2 ϵ ( δ N ) 2 + Φ N V_{ (0) } drarrow { q N_A } over { 2 %epsilon } ( -%delta_P )^2 + %iPHI_P = { q N_A } over { 2 %epsilon } ( %delta_N )^2 + %iPHI_N soit Φ N Φ P = q 2 ϵ ( N A δ P 2 + N D δ N 2 ) %iPHI_N - %iPHI_P = q over { 2 %epsilon } ( N_A %delta_P^2 + N_D %delta_N^2 )  .

Pour simplifier l'écriture, on posera : Φ N Φ P = ϕ NP %iPHI_N - %iPHI_P = %phi_{ NP } .

On obtient donc deux relations faisant intervenir  δ N %delta_N et δ P %delta_P . Il est donc facile de résoudre le système afin de calculer δ qui est la somme de ces deux termes.

{ N A δ P = N D δ N ( 1 ) ϕ NP = q 2 ϵ ( N A δ P 2 + N D δ N 2 ) ( 2 ) } left lbrace binom{alignl {N_A %delta_P = N_D %delta_N ~(1)}}{%phi_{NP} =q over {2 %epsilon} ` (N_A %delta_P^2 + N_D %delta_N^2) ~(2)} right rbrace

L'équation (1) donne : δ P N D = δ N N A = δ P + δ N N A + N D = δ N D + N A %delta_P over N_D = %delta_N over N_A = {%delta_P + %delta_N} over {N_A + N_D} = %delta over {N_D + N_A } soit : δ P = δ N D N D + N A = δ N A N A N D N D + N A %delta_P = {%delta N_D} over {N_D+N_A} = {%delta } over {N_A} {N_A N_D} over {N_D+N_A} et δ N = δ N A N D + N A = δ N D N A N D N D + N A %delta_N = {%delta N_A} over {N_D+N_A} = {%delta } over {N_D} {N_A N_D} over {N_D+N_A} .

Pour des simplifications d'écriture, on pose : N * = N A N D N A + N D N^{"*"}= {N_A N_D} over {N_A + N_D} .

L'équation (2) s'écrit alors : ϕ NP = q 2 ϵ [ N A ( δ N * N A ) 2 + N D ( δ N * N D ) 2 ] %phi_{ NP }= q over { 2 %epsilon} left [ N_A left( {%delta N^{"*"}} over N_A right) ^2 + N_D left( {%delta N^{"*"}} over N_D right)^2 right ] .

Fondamental

Tous calculs faits, on obtient : ϕ NP = q N * 2 ϵ δ 2 %phi_{ NP } = { q N^{"*"} } over { 2 %epsilon } %delta^2 qui donne :

δ = 2 ϵ q N * Φ NP %delta = sqrt { {2 %epsilon} over { q N^"*" } %iPHI_{NP }}

Il suffit donc de calculer la hauteur de la barrière de potentiel pour, connaissant les caractéristiques du matériau (dopages et constantes caractéristiques), obtenir la dimension de la charge d'espace.